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Jonas Vinegaard et la Jumbo-Visma ont pris un coup de chaud à Carcassonne

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Jonas Vingegaard à l’arrivée de la 15e étape du Tour de France à Carcassonne, le 17 juillet.

Sur le Tour, la journée de repos est souvent celle de la laverie pour les suiveurs. Du côté de la Jumbo-Visma, la machine devrait tourner dès ce dimanche 17 juillet soir. Jonas Vingegaard a un maillot jaune à laver. Le Danois est arrivé à Carcassone (Aude) avec une grosse tâche noire au niveau de l’épaule gauche, conséquence d’une chute à 57 km de l’arrivée lors de cette 15étape, remportée au sprint par le Belge Jasper Philipsen (Alpecin-Deceuninck).

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Vingegaard et son équipe ont sans doute d’autres préoccupations que le bon cycle de lavage à adopter. On radote un peu, mais les étapes de transitions appartiennent un peu au passé autant que les maillots RMO, les casques à boudins, le logo Antenne 2 et les Français en jaune sur les Champs-Elysées.

Entre Rodez (Aveyron) et le pied des remparts de « Carca » (202,5 km), la formation néerlandaise a connu plusieurs coups de chauds et le mercure pas décidé à descendre sous les 38 degrés celsius sur les routes du pays de Cocagne et des châteaux Cathares, n’est pas le seul responsable. Peut-être pas encore chaud après six kilomètres, Wout van Aert a eu la drôle idée d’accompagner l’Allemand Nils Politt (Bora-Hansgrohe) et le Danois Mikkel Honoré (Quick-Step) pour une sortie de 38 kilomètres avant d’être rappelé à la raison dans l’oreillette.

Le maillot vert (encore assez frais pour terminer 2e) ne le sait pas encore, mais il risque de devoir surveiller sa consommation d’efforts superflus dans la dernière semaine. En effet, la suite de la journée va tourner au jeu de massacre pour sa formation. Touché dès la 5e étape, Primoz Roglic a fini par jeter l’éponge. Malgré un dos martyrisé (« J’ai l’impression que je reçois des coups de couteau à chaque tour de pédale »), le Slovène s’était mué en équipier dévoué et efficace.

A 64 km de Carcassonne, Steven Kruijswijk goûte sans le demander au macadam brûlant. Touché à l’épaule droite, le Néerlandais abandonne et Vingegaard perd son lieutenant préféré en montagne. Et de deux. Dans son malheur et sa chute peu après, le Danois a été accompagné de Tiesj Benoot. Homme à tout bien faire de la Jumbo, le Belge est resté un moment au sol avant de remonter sur son vélo et terminer dans la douleur cette étape.

Si l’ancien de la DSM repart mardi, après la journée de repos, Jonas Vinegaard comptera sur cinq équipiers, comme Tadej Pogacar, dont l’équipe UAE roule à six depuis les abandons pour cause de Covid de George Bennett et Vegard Stake Laengen. Le manager de la formation émiratie, Mauro Gianetti, a commenté ce rééquilibrage des forces avec un certain détachement. « Je pense que la bataille se joue entre les coureurs de classement général et il faudra les jambes : ça va être Vingegaard, Thomas, Bardet, Gaudu, Yates… ça se jouera entre eux et je ne pense pas que ça fera une différence », avance le Suisse.

« Un jour, on roulera par 45 °C, 50 °C peut-être à 60 °C… »

Peut-être, mais du côté de la Jumbo-Visma l’inquiétude transpirait à grosses gouttes. Jonas Vingegaard a expédié sa conférence de presse en une minute chrono. « J’ai quelques plaies sur le côté gauche, j’ai un peu mal mais je me suis relevé très vite, j’espère que ça ira », veut-il croire. Pour son équipier français Christophe Laporte, ce dimanche noir oblige la formation néerlandaise « à être encore plus solidaire ». « On avait une équipe très forte et je pense qu’on peut encore assumer les choses. On va donner le maximum, Jonas est très fort », fait valoir le Varois.

Mais le Danois risque de mal dormir comme les soirs de journée de chute. La canicule ne devrait pas l’aider à trouver le sommeil. A l’arrivée, certains coureurs en avaient gros et chaud sur la patate. « Il y a des alertes rouges dans la région, mais nous, on court quand même, souffle le sprinteur d’Arkea-Samsic Hugo Hofstetter. C’est nous, un peu, qui acceptons ça. Et si on accepte ça, un jour, on roulera par 45 °C, 50 °C peut-être à 60 °C… Après voilà, c’est comme ça, pas le choix. »

La journée aurait pu être rafraîchie par une victoire française. Benjamin Thomas (Cofidis) et Alexis Gougeard (B & B Hôtels/KTM) sont sortis dans le final et le premier n’a été croqué par le peloton qu’à 500 mètres de la ligne. « J’étais vraiment cramé à la fin, j’avais des étoiles dans les yeux », avouait Thomas au micro de France 2.

Le spécialiste de la piste regrettait ne pas avoir pu compter jusqu’au bout sur l’aide de Gougeard, mais celui-ci était un peu accablé par la chaleur à sa décharge. « On a eu très très chaud. Je regardais souvent le compteur à 41 °C, 42 °C. Il fallait vraiment s’alimenter, boire, pas oublier de manger aussi. Je ne sais pas combien on a bu de bidons dans la journée, mais c’est énorme », constate le Normand.

A quelques mètres de lui, Tom Pidcock (Ineos Grenadiers) fonçait dans une fontaine carcassonnaise avec la même vitesse que dans une descente du Galibier. Le Britannique en est ressorti le cuissard trempé, mais presque rafraîchi.

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