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Houle s’impose à Foix et c’est le Canada qui tangue

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Le Canadien Hugo Houle pointant le ciel en hommage à son frère Pierrick, mort en 2012, lors de sa victoire sur la 16e étape du Tour de France, à Foix (Ariège), le 19 juillet.

La météo n’était pas vraiment québécoise, mais la Belle Province risque de longtemps se souvenir de ce mardi 19 juillet 2022 torride à Foix (Ariège). Hugo Houle a remporté la 16e étape d’un Tour de France écrasé par une chaleur à vous donner envie de vous jeter la tête la première dans la rivière Ariège. Le coureur d’Israel-Premier Tech apporte au Canada sa seconde victoire sur la Grande Boucle, après celle du pionnier Steve Bauer à Machecoul (Loire-Atlantique), en 1988.

A l’arrivée, son compatriote et coéquipier Michael Woods était si ému qu’il en a oublié le palmarès de son ami, deux fois champion du Canada en contre-la-montre individuel (en 2015 et 2021). « Hugo était si heureux, c’est sa première chez les professionnels », glissait le 3e du jour. On voit l’idée. A 31 ans, Houle n’avait jamais levé les bras dans une course en ligne et il a bien choisi sa journée et sa course.

Pourtant, quand il est parti dans une échappée avec 28 autres coureurs, personne n’aurait misé un dollar canadien sur lui. Le rouleur québécois est arrivé avec quelques secondes d’avance au pied du Mur de Péguère, la dernière difficulté du jour à une trentaine de kilomètres de l’arrivée, mais ses chances paraissaient minces. Hugo Houle a néanmoins réalisé l’exploit de résister aux pourcentages vertigineux de cette ascension et au retour des meilleurs grimpeurs pour plonger vers Foix et le plus grand bonheur de sa carrière.

Une histoire personnelle tragique

« A l’origine c’était tout pour Michael Woods, aujourd’hui », confie Rik Verbrugghe, le manager de l’équipe israélienne. « C’est souvent les coureurs de second rang qui ont le plus de chance dans une échappée comme celle que l’on avait. Elle était tellement grande que l’on se regardait les uns les autres. Ils sont plus opportunistes », reconnaît Michael Woods, loin d’être malheureux d’avoir sacrifié ses chances. « On a bien couru comme équipe depuis le début de ce Tour, avec la victoire de Simon Clarke [à Arenberg], la 3e place de Froome [à l’Alpe d’Huez] et Hugo qui fait déjà troisième la semaine passée [à Saint-Etienne]… C’est la cerise sur le gâteau », poursuit le natif de Toronto.

Lire aussi : Tour de France 2022 : une journée parfaite pour Pogacar et « de merde » pour la Jumbo-Visma

La victoire du Canadien a aussi eu le don de redonner le sourire à Julien Jurdie, le directeur sportif d’une équipe AG2R Citroën pourtant bien mal embarquée après deux nouveaux forfaits dans ses rangs pour cause de Covid et désormais réduite à trois coureurs. « On l’a découvert et lancé chez nous en World Tour », a raconté un Jurdie à l’émotion sincère au moment d’évoquer son « Hugo ». « Quand il était avec moi, il faisait plutôt les classiques flandriennes, il n’était pas si affûté, raconte-t-il dans un éclat de rire. Il le mérite tellement. C’est un garçon chaleureux avec une histoire pas facile. »

Terrible même. Son frère Pierrick est mort en 2012, renversé par un chauffard qui a pris la fuite. Hugo Houle racontera d’ailleurs, au bord des larmes, qu’il s’était promis de remporter une course que lui et son frère regardaient ensemble. « Je suis sûr que mon frère m’a aidé pour gagner », a déclaré celui dont le doigt levé au ciel en franchissant la ligne d’arrivée était un message évident.

Pogacar a encore essayé

Hors des annales canadiennes, l’étape du jour a prouvé que Tadej Pogacar (UAE-Emirates) était un homme de parole. « Je dois saisir toutes les chances sur chaque montée, je dois essayer d’attaquer, d’aller aussi fort que possible dans les côtes et essayer de gagner du temps chaque jour », avait prévenu le Slovène, lundi, lors de la journée de repos.

Ce premier acte de la Trinité pyrénéenne au menu de ce Tour, 178,5 kilomètres entre Carcassonne (Aude) et Foix (Ariège), n’était pas le plus compliqué à négocier. Pour autant, il offrait de belles opportunités de réduire un peu cet écart de 2 minutes 22, ce petit fossé entre lui et le maillot jaune, Jonas Vingegaard (Jumbo-Visma).

Alors « Pogi » a tenté. Trois fois. Deux à quelques kilomètres du sommet du port de Lers, l’avant-dernière difficulté de la journée. La troisième à l’amorce de la descente. Sans jamais réussir à se débarrasser du Danois, tellement dans sa roue que l’on en arrivait parfois à ne plus le voir. Dans le Mur de Péguère, Pogacar a bien mis le fidèle Rafal Majka à la planche, mais quand le Polonais a déchaussé, son leader a dû penser que ce n’était peut-être pas le jour pour renverser le Tour.

Premier Français au classement général ce matin (4e à 3 minutes 01), Romain Bardet, lui, a vécu « une des pires journées depuis longtemps ». Sans qu’il ne puisse vraiment y trouver d’explication. A la dérive dans la dernière ascension, le coureur de l’équipe DSM a perdu 3 minutes 30 au général et pointe désormais à la 9e place.

Lire aussi : Tour de France 2022 : Romain Bardet, les bienfaits du détachement

Mais le plus gros calvaire du jour a été celui de Marc Soler. L’Espagnol d’UAE-Emirates, qui a souffert de maux d’estomac, vomissant et multipliant les passages au véhicule médical, est arrivé seul 57 minutes et 6 secondes après Hugo Houle. Hors délais. Tadej Pogacar perd un nouvel équipier (le troisième) dans sa quête du jaune.

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