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La voracité de la Jumbo, le premier échec de Pogacar, le bilan en demi-teinte des Français… ce qu’il faut retenir du Tour de France 2022

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Le Slovène Tadej Pogacar (maillot blanc), le Danois Jonas Vingegaard (maillot jaune) et le Belge Wout van Aert (maillot vert), sont les trois coureurs qui ont marqué cette édition 2022 du Tour de France. Ici, au départ de la dernière étape à La Défense Arena, le 24 juillet.

Le Danois Jonas Vingegaard s’est offert, dimanche 24 juillet, la première Grande Boucle de sa carrière au terme d’une édition gérée de main de maître, marquée par une nouvelle façon de courir et un écart qui a semblé abyssal entre le duo de tête et le reste de peloton.

La démonstration de force de la Jumbo-Visma

La formation néerlandaise, aux couleurs jaune et noir, a ramené pour la première fois le maillot jaune à Paris et elle n’a pas fait les choses à moitié avec six victoires d’étapes. Sans oublier le maillot vert et le prix du Super Combatif pour le Belge Wout van Aert.

Parfois critiquée pour sa stratégie et une certaine arrogance, l’équipe de Jonas Vingegaard a réalisé son chef-d’œuvre collectif lors de la 11e étape arrivant au sommet du col du Granon (Hautes-Alpes). Tadej Pogacar, alors maillot jaune, mais isolé, s’est épuisé à suivre les assauts répétés des « guêpes » et a été piqué dans la dernière montée par un Jonas Vingegaard aérien.

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Forcément, toute domination en cyclisme provoque certaines réserves. « Je n’ai même pas envie de répondre, c’est une question de merde », s’est fâché Wout van Aert interrogé, samedi, sur le dopage. « On est complètement propre, a clamé un Vingegaard plus poli. Je peux le garantir à tous, personne ne prend rien d’illégal ».

Le premier échec de Tadej Pogacar

Tadej Pogacar n’a pas réussi la passe de trois à Paris, mais le Slovène est tombé les armes à la main. « Il ne pouvait pas y avoir une plus belle manière de perdre le Tour de France. Je finirai le Tour sans regrets », reconnaissait-il à l’issue de l’ultime journée de montagne, à Hautacam (Hautes-Pyrénées), le 21 juillet.

Le prodige de la formation UAE a attaqué sans relâche pour tenter de récupérer la précieuse tunique. A sa décharge, il a composé avec une équipe frappée par la malchance, après les abandons successifs de Vegard Stake Laengen et George Bennett positifs au Covid-19, Marc Soler (malade) et Rafal Majka (blessé).

« Pogi » n’est donc plus invincible, lui dont la dernière « défaite » sur une course par étapes remontait au Tour du Pays basque en avril 2021 (3e). Un échec très relatif, avec trois victoires d’étape et le maillot blanc du meilleur jeune. « Je vais revenir affamé », a-t-il déjà promis.

Les Ineos-Grenadiers dans l’ombre

L’hégémonie de la Sky – sept Tour remportés en huit éditions entre 2012 et 2019 – appartient-elle à un passé révolu ? Devenu Ineos-Grenadiers en 2020, la formation britannique a perdu le mode d’emploi pour s’imposer. Geraint Thomas fait pourtant un très honorable 3e, mais le Gallois n’a jamais été en mesure de peser sur la course. « Les deux devant son très difficiles à rattraper, ils sont vraiment très forts », concédait le lauréat de 2018 à l’entame de la troisième semaine.

A ce moment-là, les Britanniques possédaient trois pions dans les dix premiers (Thomas, Adam Yates et Tom Pidcock). Pourtant, leur prise de risque est restée minimale. Avec sa victoire de prestige à l’Alpe d’Huez, le Britannique Tom Pidcock a assuré le spectacle avec ses talents de descendeur et donné un peu plus de relief au Tour de son équipe.

FIni les étapes de transition et les vainqueurs accidentels

Avec une vitesse moyenne supérieure à 42 km/h pour le maillot jaune, le Tour 2022 est le plus rapide de l’histoire. Il est aussi révélateur des nouvelles façons de courir. Longues batailles pour les échappées, stratégie de course ultra-offensive… « La course, c’est devenu fou », relevait aussi Geraint Thomas en racontant l’anecdote suivante : « Dimanche [17 juillet], Fabio Jakobsen [le sprinteur de Quick Step] m’a demandé : “Avec ton expérience, peux-tu m’expliquer comment ça se fait que j’ai un gars de mon équipe dans l’échappée où il y a aussi le maillot vert, alors que c’est supposé être une étape pour sprinteurs ?” »

Le Tour ne tolère plus les vainqueurs accidentels et les fameuses « étapes de transition » ont consacré un ancien champion du monde (Mads Pedersen à Saint-Etienne) et un des meilleurs sprinteurs-puncheurs du peloton (Michael Matthews à Mende). « Il faut s’habituer (…), ça part à la bagarre et on ne retrouve que des grands noms devant », glissait Benoît Cosnefroy (AG2R Citroën), qui avait réussi à prendre l’échappée à Mende. « Quand on voit le niveau sur ce type d’étapes, il n’y a pas trop de place pour des coureurs comme moi », abondait, le même jour, Franck Bonnamour (B & B Hotels).

Sans oublier la voracité de certaines équipes. « Jumbo et UAE veulent leur victoire d’étape dès qu’elles peuvent. Il faut faire avec », résumait Florian Vermeersch (Lotto-Soudal).

Un bilan en demi-teinte pour les Français

Au matin de la 19e étape, le zéro pointé se profilait pour le cyclisme français. Mais Christophe Laporte est sorti de sa boîte à Cahors et les journalistes ont rangé leurs comparaisons avec 1926 et 1999, les deux éditions sans aucune étape gagnée par le pays organisateur.

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Ce Tour 2022 est-il un cru tout juste passable ? Avec un Julian Alaphilippe absent et sans sprinteur, les ambitions avaient forcément été revues à la baisse. Reste que deux Français terminent dans le top 10 : David Gaudu (Groupama-FDJ), 4e au classement général – le meilleur résultat depuis la troisième place de Romain Bardet en 2017 – et le même Romain Bardet (DSM) à la 7e place.

Mais les deux coureurs demeurent bien loin du maillot jaune Jonas Vingegaard. Le Breton pointe à 13 min 39 du Danois, l’Auvergnat à 18 min 11. Placés donc, mais pas encore tout à fait mûrs pour succéder à Bernard Hinault sur les Champs-Elysées.

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